lundi, juin 05, 2006

Morrison, future star NBA ?

vs Michigan State, son meilleur match à ce jour : 43 points !

Bien qu'il sache aussi dunker, Morrison est surtout un shooteur longue distance.
Le natif de Spokane, dans l'Etat de Washington, est supposé être ce qui se fait de mieux ou presque dans la draft 2006. Le 27 juin prochain, à New York, le désormais ancien joueur de Gonzaga et partenaire de Ronny Turiaf, devrait donc être choisi dans les trois premiers. Présentation de ce qui pourrait être une des futurs stars de la NBA :

1) Adam Morrison a passé trois ans à l'université de Gonzaga. Il a terminé meilleur marqueur de la saison NCAA, le championnat universitaire, avec 28.1 points de moyenne. Son salaire de rookie devrait osciller entre 2.9 et 3.6 millions de dollars par saison.

2) Avec les Zags, Morrison a notamment marqué 43 points contre Michigan State dans un match qui a tout de même connu trois prolongations. Tête de série numéro 8, Gonzaga a été éliminé en 8e de finale par UCLA, futur finaliste du tournoi NCAA.

3) Tout comme Chris Dudley, ancien joueur de Cleveland, New York et Portland, Morrison est diabétique. Il doit donc manger à heure fixe et a toujours une piqure prête sur le bord du terrain. Jusqu'à présent, ce handicap ne l'a jamais gêné au cours de sa carrière. Selon lui, cela aurait même été un avantage dans son parcours, l'obligeant à faire plus attention à tout très tôt et à devenir ainsi beaucoup plus professionnel dans son approche du basket.

4) L'agent de Morrison est le même que celui de Danny Granger et Devean George, Don McLean. Granger vient de finir sa première saison à Indiana après avoir été choisi en 17e position l'an dernier. Pour une première année en NBA, il s'en est bien tiré puisqu'il a réussi à pallier le départ d'Artest pour Sacramento, notamment sur le plan défensif. De son coté, George est en NBA depuis maintenant 7 ans et s'entraine tous les jours avec Kobe Bryant. Ces trois joueurs s'entraînent ensemble quotidiennement depuis maintenant quelques semaines. A propos de Morrison, McLean, un ancien joueur NBA, explique la chose suivante : "Adam sera un très bon marqueur de points, même s'il ne sera sans doute pas aussi fort individuellement que Kobe ou T-Mac."

5) Selon les médias américains, Morrison est un joueur dont le talent oscille entre Larry Bird et Wally Szczerbiak, ce qui laisse tout de même une sacrée marge. D'autres le jugent comme un shooteur du niveau de Rip Hamilton ou de Peja Stojakovic. L'éventail est donc plutôt vague mais on parle définitivement d'un joueur qui devrait être au moins une fois All Star dans sa carrière...

6) Tout comme JJ Reddick, autre joueur universitaire éligible pour la draft, Morrison fait partie de la présélection US pour les championnats du monde. Des 23 joueurs appellés, il devrait sans doute passer le "cut" puisqu'il est de tradition que le Team USA ait toujours un joueur universitaire en son sein, et comme il semble beaucoup plus fort que l'ailier de Duke... Quoiqu'il en soit, Morrison va passer une partie de son mois de juillet à Las Vegas à s'entraîner avec notamment Bryant et James, ce qui devrait lui permettre de beaucoup progresser défensivement. Qu'il soit retenue ou non par Jerry Colangelo, celà devrait le rendre encore plus prêt pour la NBA au mois de novembre prochain.

mardi, mai 30, 2006

Bulls : l'aventure intérieure

Kirk Hinrich a des faux airs de John Stockton
Les Bulls avancent dans leur projet de reconstruction. Eliminé par Miami au premier tour des PO (4-2), Chicago méritait sans doute mieux que sa 7e place de la conférence ouest, la faute, cette année encore, à un départ laborieux. Avec Duhon, Gordon et Hinrich, les Bulls disposent de l'un des meilleurs backcourt de la NBA, à tel point qu'aucun de ces trois joueurs n'acceptent le rôle de remplaçant. Très certainement, l'un des trois va servir de monnaie d'échange pour l'acquisition d'un intérieur solide.

Le parcours de Chris Duhon constitue une petit surprise. Drafté en 34e position de la faible draft 2004, on attendait pas l'ancien joueur de Duke à pareille fête. Auteur d'un triple double cette saison, il a le plus souvent été cantonné au rôle de remplaçant de l'excellent tandem Gordon - Hinrich. Kirk Hinrich, le nouveau John Stockton, est depuis le tragique accident de Jay Williams, le meneur que tous les Chicagoans attendaient. Il semble constituer la pierre angulaire de l'édifice érigé par John Paxson. En passe de devenir le franchise player de l'équipe, il est considéré comme intransférable. Ce ne sera pas le cas de Ben Gordon, meilleur sixième homme et rookie of the year l'an passé pour ses très bonnes performances en 4e quart temps. L'ancien partenaire d'Emeka Okafor à Connecticut a faim et on voit mal comment il va pouvoir cohabiter plus longtemps avec une telle concurrence. Le management des égos a d'ailleurs posé quelques problèmes à Scott Skiles cette année.

A l'intérieur, le départ d'Eddy Curry, qui souffrait de problèmes au coeur, a été extrêmement bien négocié puisque Chicago a récupéré le deuxième choix de la prochaine draft, ce qui devrait permettre à Paxson de prendre l'un des deux Big Men disponibles : LaMarcus Aldrige ou Tyrus Thomas. Tyson Chandler devrait recevoir l'aide qu'il réclame depuis si longtemps et qu'il a partiellement obtenu d'Andres Nocioni. L'ailier argentin a réalisé des PO éblouissants, notamment en défense. Si les Bulls ont pris deux matches au Heat, c'est en partie à lui qu'ils le doivent.

L'intersaison des Bulls devraient donc être agitée. Mais Chicago dispose de très bonnes armes :
- la 28e masse salariale de la NBA avec 48 millions de dollars, ce qui laisse pas mal de perspectives ;
- les choix #2 et #16 de la prochaine draft ;
- de bons joueurs avec de faibles contrats comme Chris Duhon, Mike Sweetney ou Ben Gordon.

L'éditorialiste du Chicago Tribune, Sam Smith, a ainsi envisagé dix hypothèses d'échanges pour les Bulls :

1) Shareef Abdur-Rahim : l'ailier des Kings entreraient en concurrence avec Nocioni mais il a l'avantage d'être relativement peu cher. L'ancien All Star a joué 72 matches cette saison, et enfin découvert les PO. L'époque des blessures semble révolue et il pourrait être échangé contre le choix numéro 16 de la draft (qui appartient aussi aux Bulls) et Chris Duhon, sans remettre en cause le renforcement du jeu intérieur.

2) Mickael Pietrus : l'arrière des Warriors est sous-utilisé et est un excellent défenseur. Pour des raisons de salary cap, Golden State ne le prolongera certainement pas, même si on peut s'attendre à un "sign and trade". Un double échange Pietrus - Murphy contre Duhon - Sweetney et les deux premiers tours de draft (2e-16e) permettraient à Chicago de garder suffisamment de cap space pour signer un intérieur libre (Ben Wallace ?).

3) Shawn Marion : le transfert de l'ailier des Suns n'est plus aussi évident depuis que son jeu a décollé en PO mais l'avenir de Phoenix se fera autour de Stoudemire, et resigner Thomas et Diaw cette année et l'année prochaine risque de coûter quelque peu à la franchise de l'Arizona. Assez fan de Tyrus Thomas, D'Antoni ne serait pas contre un échange Duhon + le choix #2 de la draft contre Marion + les choix #21 et #27.

4) Zach Randolph : l'intérieur des Blazers a le même problème que Rasheed Wallace, son avenir passe sans doute par un départ de Portland. Mais un tel transfert reste relativement risqué vu le salaire de Randolph. Randolph + Ratliff contre Gordon ou Sweetney + les choix #2 et #16 seraient sans doute une affaire pour Portland, mais pour Chicago ?

5) Brad Miller : le pivot des Kings a connu une saison difficile mais son jeu correspond sans doute mieux à la conférence Est. Sacramento recherche un bon défenseur et pourrait accetper un échange simple entre Miller et Chandler.

6) J.R. Smith : l'arrières des Hornets a du talent mais aussi un problème de comportement. Après avoir été banni de l'équipe, il quittera New Orleans à l'intersaison. Un échange Smith - Sweetney pourrait permettre à Chicago de récupérer à moindre coût un arrière au gros potentiel.

7) Marquis Daniels : l'ailier des Mavs n'entrent plus dans la rotation d'Avery Johnson. Disposant d'un gros contrat, il est sur le départ d'une franchise qui doit impérativement alléger sa masse salariale cette année. Dallas serait intéressé par un échange avec Ben Gordon dans la mesure où rien n'est sûr quant à la signature d'un nouveau contrat de Jason Terry. Le meneur des Mavs réalisent de très gros PO et devrait faire monter les enchères, pas sûr que Mark Cuban suive à n'importe quel prix...

8) Stephen Jackson : l'ailier des Pacers est sur le départ. Seul problème, il est relativement cher et les échanges au sein de la même division sont toujours très hypothétiques. Mais les Pacers aiment beaucoup Duhon et ne semblent pas croire en Jasikevicius au poste de meneur (on se demande bien pourquoi, le lituanien est l'un des meilleurs joueurs du monde !).

9) Corey Maggette : l'ailier des Clippers est cher et sort d'une saison décevante, au contraire des Clippers. Un échange contre le choix #16 de la prochaine draft serait intéressant pour les deux franchises ? En tout cas, Los Angeles, qui doit resigner Radmanovic et Cassell à l'intersaison serait sans doute ravi de l'aubaine, à condition que Chicago rajoute un joueur comme Sweetney.

10) Chris Mihm : l'intérieur des Lakers avait été "snobé" par les Bulls lors de la draft 2000. Chicago l'avait drafté puis échangé contre Jamal Crawford. Il sort d'une saison très satisfaisante, mais la faiblesse du jeu intérieur des Lakers les inciterait à demander Chandler en contrepartie, qui pourrait amené Ronny Turiaf dans le deal.

Ces dix possibilités de transfert, parmi d'autres, n'ont rien d'officiel et sont purement hypothétiques. Elles ne sont pas exclusives les unes des autres et soulignent juste que la marge de manoeuvre des Bulls est très forte.

Chicago Bulls
2006 41-41
1er tour contre Miami (2-4)
2005 47-35
1er tour contre Washington (2-4)
2004 23-59
2003 30-52
2002 21-61
2001 15-67
2000 17-65
1999 13-37 (saison ramenée à 50 matches en raison du lock out)

Saison 2006
Points : Gordon, 16.9
Rebonds : Chandler, 9
Passes : Hinrich, 6.4
Interceptions : Hinrich, 1.2
Contres : Chandler, 1.3
FG % : Deng, 46.3%
3 FG % : Gordon, 43.5%
FT % : Nocioni, 84.3%

lundi, mai 29, 2006

Bryantissime

Kobe Bryant, modèle de retenue et d'amabilité !
L'arbre qui cache la forêt
Quand on fait le bilan de la saison, il est difficile de ne pas évoquer les 81 points de Kobe contre Toronto. Contre Dallas, il avait déjà inscrit 62 points en à peine 29 minutes. Une performance tout à fait comparable à celle réalisée contre les Raptors et qui fait de Kobe Bryant un marqueur hors-norme au sein de la NBA. Le numéro 8 des Lakers finit d’ailleurs largement en tête du classement des meilleurs marqueurs avec une moyenne de 35 points, la plus forte depuis 1988. Seul bémol, son pourcentage au shoot n'est pas celui de Jordan (53% contre 45). Dire qu’il est indispensable au jeu des Lakers est un doux euphémisme. Lors de chacune de ses deux absences, les partenaires de Kobe se sont à chaque fois inclinés contre une équipe d’Utah solide mais loin d’être géniale. Une seule statistique résume la dépendance des Lakers pour leur capitaine : Bryant marque 37% des points de son équipe ! Une proportion hallucinante qu’on ne retrouve bien sûr dans aucune autre équipe. Allen Iverson, bon deuxième, est à peine au dessus des 30%. A lui seul, ce chiffre en dit long sur le cas Kobe. Car en effet, que penser d’une équipe qui dépend autant d’un joueur ? Pour battre les Lakers, il suffit finalement de défendre sur Bryant. Et c’est sans doute là que réside la clef de la performance de l’enfant terrible du basket US : il avait en face de lui une des plus faibles défenses de la Ligue, Toronto. En Play-offs, Kobe ne pourra d'ailleurs pas rééditer ce genre de performance, étant obligé de faire face à un défenseur du calibre de Raja Bell. Il faudra d'ailleurs une grand habileté pour pousser le défenseur des Suns à bout et provoquer son expulsion dans le Game 5, donc sa suspension pour la match suivant.

Dérive du sport business
La vraie force de Bryant tient en fait dans sa très forte médiatisation au sein d’une ville toujours en mal de nouvelles vedettes, Los Angeles. Comme il l’a toujours souhaité, il est enfin l’unique star d’une franchise prestigieuse, pour l’instant en phase de reconstruction. C’est là son principal atout. Les Pistons enquillent les victoires depuis près de quatre ans dans une indifférence médiatique quasi-générale. Pourquoi ? Parce qu’il est bien difficile de ressortir une personnalité d’un groupe aussi homogène que celui des joueurs de Detroit. Oui, Bryant est très fort, mais il incarne aussi la dérive complète du sport business : l’individualisation de la performance à outrance, au détriment du collectif. Du match contre Toronto, on ne retient pas la victoire mais uniquement le nombre de points marqués par Kobe. Si les Lakers avaient perdu, on aurait parlé des 81 points de Bryant de la même manière. L’effet de mode fait que tous les observateurs, à commencer par l’ancien de Chicago, Steve Kerr, ont annoncé que Kobe serait forcément le prochain MVP. Un tel choix aurait pourtant été contraire à toutes les logiques.

Pas encore un MVP
Depuis qu'il existe, le trophée de Most Valuable Player incarne l’image du leader, de celui qui bonifie et fait gagner son équipe : Steve Nash à Phoenix, Kevin Garnett à Minnesota ou Tim Duncan à San Antonio. Certes, les Lakers ont gagné 11 matches de plus que l’an dernier et sont parvenus à se qualifier pour les Play-offs. Mais l’équipe de Phil Jackson est encore très loin des Spurs, des Mavs ou même des Suns, qu'ils n'ont accroché en PO que parce que ses derniers étaient privés de leurs intérieurs (Stoudemire et Thomas). Avec seulement 45 victoires, les Lakers ne peuvent pas prétendre compter un MVP dans leur rang. C’est d’ailleurs le Zen Master qui a remis l’équipe à l’endroit, pas Kobe Bryant qui éclipse plus qu’il ne bonifie le jeu de ses partenaires. Le numéro 8 était quasiment transparent l’an dernier quand son équipe sombrait. Les performances de son capitaine impressionnent d’ailleurs l’ancien coach de Jordan, tout autant qu’elles l’inquiètent. Dans les colonnes du Los Angeles Times, Phil Jackson expliquait ainsi : "Ce n’est pas exactement la manière idéale pour remporter un match, mais quand il faut en gagner un, on est heureux de disposer de ce genre de solution !" Tex Winter, l’assistant de Jackson aux Bulls et architecte de l’attaque en triangle enfonce le clou : "C’était l’un des meilleurs matchs exhibition que j’ai vu de ma vie, et j’en ai vu beaucoup. C’est tout ce que les fans aiment, mais je ne pense pas qu’on puisse gagner un titre comme cela !"

Tout sauf un leader !
Car les Lakers ne sont qu’une équipe de milieu de tableau, et si Kobe est un bon marqueur, il n’est… qu’un bon marqueur ! Il ne sera jamais l’équivalent d’un Jordan ou même d’un James, capable par leur charisme de porter une équipe à eux seuls et de transcender leurs partenaires jusqu’au titre suprême. Kobe a d’ailleurs refusé d’endosser ce rôle quand il a été drafté à Charlotte, pour être immédiatement transféré aux Lakers. Les vrais champions font les grandes équipes, pas l’inverse. En choisissant Cleveland, une équipe qui n’avait pas joué les Play-offs depuis près de dix ans, James se pose en héritier direct dans le testament de Jordan. Le numéro 23 des Bulls avait mis 7 ans à hisser son équipe sur le toit du monde, une franchise qui n’avait jamais rien gagné avant son arrivée. Il ne l’a quittée qu’après en avoir fait la meilleure équipe de tous les temps, ou presque ! Aux Etats-Unis, un vrai champion, c’est ça… Et non pas un garçon capable d’inscrire 81 points contre une équipe de bas de tableau ! A force de prendre 50 tirs par match, il fallait bien qu’un soir de réussite, Kobe fasse «péter» les compteurs. Car à part tirer, Bryant reste un joueur assez limité qui n’a, par exemple, réalisé aucun triple double cette saison. On ne peut pas non plus dire qu’il ait bonifié le jeu de ses partenaires. Il suffit pour s’en convaincre de demander leur avis aux intéressés que sont Gary Payton, Shaquille O’Neal ou Karl Malone. Du temps d’O’Neal, il n’était d’ailleurs qu’un fidèle lieutenant, un statut qu’il ne supportait pas ! Et malgré cela, il était encore loin du niveau d’un Scottie Pippen, capable d’emmener les Bulls dans un septième match en demi-finales de conférence sans Jordan (en 94 contre les Knicks).

Le surdoué a pris du retard
Kobe a sans doute grandi trop vite en sautant la case universitaire et en devenant le plus jeune joueur à fouler les parquets NBA à seulement 17 ans. Il a oublié que le basket était un sport collectif et pas seulement une performance physique. Car le numéro 8 des Lakers est incontestablement doué, son physique hors-norme lui permet de prendre plus de 40 tirs par match, dont les deux tiers à plus de six mètres de distance, ce qui demande une puissance physique qui est loin d’être le lot de tous les joueurs NBA ! Mais il n'a toujours pas l’intelligence de jeu d’un James ou la vision d’un Nash. Il restera un diamant brut tant qu’il n’étoffera pas son jeu, basé uniquement sur l’attaque individuelle. A seulement 21 ans, LeBron James est déjà infiniment plus complet que lui et n’en est qu’un meilleur joueur pour son équipe. Nul doute que Kobe a pris conscience d’une partie de ses lacunes en acceptant le retour de Phil Jackson à l’intersaison. Celui qu’on adore détester en raison notamment de son arrogance comprend que son manque de reconnaissance vient aussi de son absence totale d’altruisme. Après avoir accepté de faire partie de l'équipe US, il se montre enfin respectueux de ses aînés. A l’issue du match contre les Raptors, Bryant a ainsi expliqué sur le site officiel des Lakers : "Le simple fait que Magic Johnson m’ait appelé pour me féliciter et me dire à quel point il avait aimé ce match a infiniment plus de saveur que les 81 points que je viens de marquer !". Kobe poursuit donc sa mutation, sportive et médiatique. Le chemin à parcourir pour devenir l’égal d’un Garnett, d’un Nowitzki, d’un Duncan ou d’un James, n'est peut-être plus très long !

Sixers : la parole est à la défense...

comment on défend déjà...
Les Sixers ont une nouvelle fois raté les PO cette année, c'est la 2e fois en 3 ans. Depuis que Larry Brown a emmené la franchise en finale en 2001 contre les Lakers (1-4), c'est la panne ou presque. Le principal problème de l'équipe réside dans son organisation défensive. Korver, Iguodala, Iverson et Webber constituent un quattuor majeur qui défend peu ou mal. Philadelphie a la 9e plus mauvaise défense pour ce qui est du pourcentage de tir adverse (46.3%) et la 6e plus mauvaise pour ce qui est du nombre de points encaissés (101.3 points), deux statistiques rédhibitoires pour espérer une présence en postseason.

Chris "mou du genou" Webber
Passons sur le cas Webber qui vit un véritable calvaire depuis sa blessure au genou. L'ancien joueur de Michigan ira jusqu'au bout de son exorbitant contrat avant, sans doute, de mettre un terme à sa carrière. Notons tout de même que le numéro 4 des Sixers cumule 20 points et 10 rebonds en moyenne, beaucoup de coach aimerait avoir un intérieur dans un aussi mauvais état. Restons lucides, Webber shoote à moins de 44%, ce qui pour un joueur de cette taille qui joue aussi près du panier n'est pas suffisant. Mais on l'a dit, l'ancien des Kings n'est plus le même depuis son opération et si ses 20 millions de dollars annuel le rendent a priori intransférable, il ne fait guère de doute qu'il n'ira pas au-delà de la saison 2008.

Andre Iguodala, le "Darius Miles" du riche
Drafté en 2004, Andre Iguodala serait plutôt une bonne surprise après deux saisons pleines s'il savait défendre. Pourtant physique, l'ancien homme fort de l'université d'Arizona n'a pas de jumpshoot et perd encore trop de ballons. A lui se greffe le cas Korver. Coqueluche des médias, l'ailier des Sixers n'a été drafté qu'en 51e position en 2003. C'est donc une petite surprise de le retrouver encore en NBA trois ans plus tard. Son adresse à trois points explique en partie que Philadelphie ait souhaité le conserver, seul problème, il ne fait absolument rien d'autre. Et si son pourcentage longue distance est intéressant (42%), son shoot à 2 points est plus préoccupant (42% aussi !). Il devient donc assez facile de défendre sur lui, et pour qu'il soit vraiment efficace, il faut miser sur le fait qu'il soit démarqué. Bref, à la 51e place de la draft 2003, un bon cru, Korver était à sa place, et ce n'est pas avec lui que les Sixers vont remonter la pente.

Iverson vers la sortie ?
Le pivot local, l'Haïtien Samuel Dalembert est le 3e salaire de l'équipe avec 8 millions de dollars par saison. Très bon au contre, Dalember bénéficie surtout du faible nombre de bons pivots en NBA. Avec 8.2 rebonds par match, il est en dessous de ce qu'on peut attendre d'un joueur de cett taille. Reste à voir le cas Iverson. The Answer est l'un des joueurs les plus spectaculaires du circuit, l'un des rares avec Bryant et James à pouvoir gagner un match à lui tout seul. Dans un bon jour, il est tout simplement inarrettable. Seul problème, cela n'arrive plus assez souvent pour masquer les lacunes de son équipe. Régulièrement All Star, Allen est l'homme à tout faire de son équipe. Réputé ingérable, il a pourtant toujours eu une attitude de battant sur les parquets, notamment en sélection US où il fut avec Duncan, un capitaine exemplaire. Déçu de ne pas avoir été retenu dans la présélection américaine, principalement pour de mauvais prétextes (son âge et son manque d'altruisme !), Iverson pourrait choisir d'aller voir ailleurs si l'occasion lui en était offerte. Après dix ans à Philadelphie, il a sans doute fait le tour de la question et comme Billy King voit dans son transfert le meilleur moyen de reconstruire la franchise... Il faut dire qu'Allen continue parfois d'arroser (44.7% au shoot cette saison, ce qui est certes mieux que les années précédentes mais encore un peu trop faible !), perd beaucoup trop de balles (3.7 par match) et n'est plus depuis déjà quelques saisons le meilleur intercepteur de la ligue (bien qu'il reste solidement ancré dans le top 10).

Philadephia 76ers
2006 38-44
2005 43-41
1er tour contre Détroit (1-4)
2004 33-49
2003 48-34
1er tour contre New Orleans (4-1)
2e tour contre Détroit (2-4)
2002 43-39
1er tour contre Boston (2-3)
2001 56-26
1er tour contre Indiana (3-1)
2e tour contre Toronto (4-3)
3e tour contre Milwaukee (4-3)
finale contre Lakers (1-4)

Saison 2006
Points : Iverson, 33
Rebonds : Webber, 9.9
Passes : Iverson 7.4
Interceptions : Iverson 1.9
Contres : Dalembert 2.4
FG % : Iguodala 50%
3 FG % : Korver 42%
FT % : Iverson 81%

dimanche, mai 28, 2006

Du bon usage des stats

Al Harrington peut-il vraiment être le joueur le plus surcoté de la NBA ?
On reproche souvent à la NBA l'usage abusif des statistiques, à raison à mon avis, car il y aura toujours des facteurs inquantifiables dans le sport (ambiance du public, motivation personnelle, charisme d'un joueur, etc...). Personnellement, je regarde les statistiques comme une donnée objective et complémentaire d'une impression générale. Cette approche est très anglo-saxonne. En France, on préfère noter le match d'un joueur, ce qui reste très subjectif (qu'est-ce qui fait qu'un joueur aura 6 plutôt que 6.5 ?) et très latin.

Dans Wages of wins, trois économistes américains reviennent sur l'approche statistique de la NBA. David J. Berri, Martin B. Schmidt et Stacey L. Brook ont construit un algorithme qui prend en compte toutes les stats reconnus par la NBA (points, rebonds, passes, interceptions, contres, pourcentage au tir, turnovers et fautes) et les rapporte aux salaires des joueurs. Au contraire du "NBA efficiency rating", l'algorithme officiel utilisé par la ligue, ce nouvel outil prend notamment mieux en compte le pourcentage de tir. Il en résulte que des joueurs comme Allen Iverson, Ray Allen ou Kobe Bryant qui ont parfois tendance à "arroser" apparaissent beaucoup moins forts qu'ils ne le sont.

Selon les auteurs, les dix joueurs les plus surcotés de la NBA seraient les suivants :

1) Al Harrington : c'est clairement une surprise de retrouver l'ailier des Hawks à la première place. Il n'a pas un gros contrat (un peu de moins de 7 millions de dollars par an) et une ligne de stats plutôt décente (18.6 points à 45% au shoot).

2) Carmelo Anthony : numéro 3 de la légendaire draft 2003, on s'aperçoit aujourd'hui que des joueurs choisis après lui comme Wade ou Bosh sont plutôt meilleurs. Mais le temps de l'ailier de Denver n'est peut-être pas encore venu.

3) Zach Randolph : l'un des plus gros salaires de la NBA avec des résultats très moyens (Portland est la plus mauvaise équipe de la ligue en 2006), sa présence dans ce top 10 est tout sauf une surprise ! Ses coéquipiers Darius Miles, Theo Ratliff et Joel Przybilla auraient sans doute aussi leur place ici.

4) Richard Hamilton : très grosse surprise de retrouver ici l'arrière de Détroit... pour moi, c'est l'un des meilleurs joueurs de la NBA à l'heure actuelle, même si c'est vrai, il prend beaucoup de fautes stupides.

5) Chris Webber : assez logique de retrouver l'intérieur des Sixers dans cette liste. Depuis sa grave blessure au genou, il reconnait lui-même qu'il ne mérite pas son salaire.

6) Nenad Krstic : là, faudra qu'on m'explique... l'intérieur des Nets est solide, adroit, efficace et sous-payé (1 millions de dollars par an). Je l'aurais mis dans la catégorie des joueurs sous-cotés !

7) Allen Iverson : c'est vrai que son pourcentage au tir n'a jamais été fabuleux (42.1% en carrière), qu'il accuse près de 4 turnovers par match et qu'avec 16 millions de dollars par an, il a l'un des plus gros salaires de la ligue. Mais quand même, ça reste un sacré joueur...

8) Mike Bibby : gros salaire et toujours pas All Star. Les résultats des Kings sont décevants depuis deux ans et Bibby est devenu leur unique leader. Mais les choses devraient changer maintenant que Ron Artest a posé ses valises à Sacramento.

9) Antwawn Jamison : il a un plus gros salaire que Gilbert Arenas (quasiment 14 millions de dollar par an contre "à peine" 10), qui est pourtant clairement le meilleur joueur des Wizards. C'est un défenseur assez moyen avec un pourcentage assez suspect pour un intérieur de ce niveau (45.8%). Sa présence n'est pas complètement illogique.

10) Ricky Davis : le coéquipier de Kevin Garnett à Minnesota a toute sa place ici quand on se souvient qu'il avait "triché" pour décrocher un triple double du temps où il jouait à Cleveland.

Inversemenent, les dix joueurs ci-après seraient les plus sous-cotés. Il est intéressant de noter qu'on trouve trois joueurs des Grizzlies et deux des Bulls, deux équipes assez sous-cotées. Je suis en revanche surpris de l'absence de Boris Diaw, auteur d'une saison exceptionnelle et titulaire d'un salaire ridicule...

1) Josh Childress : ce jeune joueur des Hawks est bon marché et très adroit pour un arrière polyvalent (50.6% au shoot). Pourquoi ne pas en faire le leader de ce classement !

2) Tyson Chandler : l'intérieur de Chicago, orphelin d'Eddy Curry dans la raquette, est l'auteur d'une très solide saison. Vu les renforts annoncés à l'intérieur pour l'année prochaine, Chandler devrait avoir l'occasion de se mettre un peu plus en valeur.

3) Eddie Jones : le shooteur de Memphis, trois fois All Star, demeure une valeur sûre de la NBA. Dommage que le sweep encaissé contre Dallas ternisse un peu sa saison.

4) Chris Duhon : l'arrière de Chicago a été l'auteur du premier triple double cette année. Deuxième tour de draft en 2004, il est barré par Hinrich et Gordon dans le back court des Bulls et sort plutôt bien son épingle du jeu. Ces trois-là ne vont pas pouvoir continuer à cohabiter longtemps sur les bords du lac Michigan. Personnellement, je trouve que son coéquipier, l'argentin Andres Nocioni, est aussi très sous-coté.

5) Mike Miller : joueur de Memphis et meilleur sixième homme de la ligue selon les journalistes US, auteur lui aussi d'un TD cette saison. Comment joueur qui n'est pas titulaire et qui effectue une telle saison pourrait ne pas être sous-coté ?

6) Delonte West : le meneur de Boston est un solide défenseur à bas prix, et en plus il a de l'avenir. Sa présence ici bas est assez logique.

7) Antonio Daniels : l'ancien arrière de Seattle manque énormément à Ray Allen et Rashard Lewis, et il a parfaitement remplacé Larry Hugues à Washington cette année. Mais ce joueur était tout de même le numéro 4 de la draft 98 (derrière Duncan, Van Horn et Billups).

8) Shane Battier : autre joueur de Memphis et sans doute l'un des meilleurs défenseurs de la ligue avec Bruce Bowen, bien que tous les deux n'apparaissent dans aucune catégorie de statistiques. A noter qu'il n'est pas sous-coté pour Jerry Colangelo qui l'a retenu dans la présélection US pour les prochains championnats du monde.

9) Luther Head : là, je veux bien une explication. L'arrière des Rockets est plutôt maladroit, certes peu cher, mais il marque peu et passe très moyennement... bref, il vaut son salaire !

10) Drew Gooden : l'intérieur des Cavs est asse cher (4 millions par an) mais plutôt solide dans la raquette depuis deux saisons (plus de 8 rebonds par match). Personnellement, je trouve qu'il ne prend pas assez de shoot... (seulement 12 points de moyenne avec pourtant un très bon pourcentage).

Bien sûr, il ne faut pas prendre ces statistiques pour "argent comptant". Comme je l'ai écrit plus haut, certains paramètres sont totalement inquantifiables et constituent l'essence même du jeu. Tim Thomas a été un joueur de second rang pendant 9 ans, depuis qu'il joue avec Nash à Phoenix, c'est quasiment un All Star. Et le Canadien a cet impact sur tout ses coéquipiers ou presque. C'est sans doute pour celà qu'il est MVP depuis deux saisons, et cette force là n'apparaitra sans doute jamais dans une ligne de stats...

quadruple double...

The Admiral prend le meilleur sur The Dream sous l'oeil du tout jeune Pop
En plus de 30 ans, seuls quatre joueurs ont réussi cette brillante performance. Il s'agit de :

1) Nate Thurmond, le 18 octobre 1974 avec Chicago, contre Atlanta (22 points, 14 rebonds, 13 passes, 12 contres) ;
2) Alvin Robertson, le 18 février 1986 avec San Antonio, contre Phoenix (20 points, 11 rebonds, 10 passes et 10 interceptions) ;
3) Hakeem Olajuwon, le 29 mars 1990 avec Houston, contre Milwaukee (18 points, 16 rebonds, 10 passes, 11 contres) ;
4) David Robinson, le 17 février 1994 avec San Antonio, contre Détroit (34 points, 10 rebonds, 10 passes, 10 contres).

Dans les années 90, Clyde Drexler et Hakeem Olajuwon sont tous les deux passés à une passe près de réaliser les numéros 5 et 6. Lors du Game 6 de la finale 2003, Duncan a fini à 2 contres du but... Reste que ça fait plus de dix ans qu'on attend un successeur à l'Amiral.

La NBA ne comptabilisant les contres et les interceptions que depuis la saison 1974, il est très probable que des joueurs comme Wilt Chamberlain et Bill Russell aient réalisé plus d'un quadruple double sans qu'ils n'aient été officiellement comptabilisés.

samedi, mai 27, 2006

Jason Kidd : Mister triple double

avec une dédicace, ça va tout de suite mieux...
Jason Kidd n'a jamais été élu MVP, et pourtant, c'est l'un des plus grands joueurs de l'histoire. Démonstration : avec 8 réalisations en saison régulière, le meneur des Nets est, cette année encore, le Monsieur Triple Double de la NBA, tout comme en 2002, 2004 et 2005.

En carrière, il en est à 76 TD, ce qui le situe au 4e rang dans l'histoire de la NBA et en excellente compagnie :
1) Oscar Robertson, 181 (seul joueur à avoir eu un TD en moyenne sur une saison, 1962)
2) Magic Johnson, 138
3) Wilt Chamberlain, 78
4) Jason Kidd, 76 (seul joueur de ce quinté à ne pas avoir été élu MVP)
5) Larry Bird, 59

Sur les cinq dernières années, voici le classement de la NBA (saison régulière et Play-offs compris), dire que Kidd domine son sujet est un doux euphémisme :
1) Jason Kidd, 45
2) Kobe Bryant, 12
3) LeBron James et Kevin Garnett, 11
5) Chris Webber, 7
6) Antoine Walker et Steve Francis, 6
8) Andre Miller, Tim Duncan, Paul Pierce, Steve Nash et Boris Diaw, 4
13) Sam Cassell, Gilbert Arenas, Lamar Odom, Dwyane Wade, Gary Payton et Baron Davis, 3.

L'ensemble de ces joueurs a été au moins une fois All Star, à l'exception d'Andre Miller, de Boris Diaw et de Lamar Odom. Une omission réparée dès l'année prochaine ? Vu la notorieté de mon blog, on ne saurait en douter !

Le Sheed est-il vraiment un bad boy ?

mais de qui parle-t-il ?
Auteur de 140 fautes techniques sur ses six dernières saisons, Rasheed Wallace s'est calmé depuis qu'il est à Détroit comme l'indique le détail de ses stats :

2001 = 40 (Portland)
2002 = 27 (Portland)
2003 = 11 (Portland)
2004 = 18 (Atlanta puis Détroit)
2003 = 27 (Détroit)
2006 = 17 (Détroit)

Conscient de sa baisse de régime, le Sheed explique qu'avec les Pistons, il y a moins de pression qu'à Portland (sa grande période : possession de Marijuana, conduite sans permis, insulte à agent). Dans l'Oregon, l'équipe était plus jeune et il y avait une certaine émulation avec des joueurs comme Damon Stoudamire our Ruben Patterson. C'était le temps des légendaires "Jail Blazers". Mais le pire n'est pas là... car désormais, l'autre Wallace joue les modèles de vertu dans les écoles avec sa fondation, et va jusqu'à encourager la lecture dans les quartiers défavorisés. Sans commentaire...

Du temps de sa grande époque, à Washington, à Portland ou à l'université de North Carolina, le Sheed était un chambreur hors pair qui prenait à partie aussi bien le public, ses adversaires, ses coéquipiers que les journalistes. Il était alors très très polyvalent ! Auteur du très célèbre "la balle ne ment pas !", The Sheed a même parfois des accents Van Dammien dans son discours... Et comme en plus il a beaucoup d'humour, il s'en sert dans ses matches : contre le jeune rookie de Milwaukee, Andrew Bogut, après que ce dernier ait raté deux lancer-francs suite à une faute "imaginaire" de l'intérieur des Pistons, Wallace a hurlé bien fort "See, the ball don't lie !".

Heureusement, il existe quelques raisons d'espérer :
1) l'influence positive du Sheed : ses coéquipiers prennent de plus en plus de fautes techniques, Rip Hamilton étant sans doute son meilleur disciple avec 9 réalisations cette année (et deux expulsions de plus que le maître !).
2) sa très très grande gueule : contre Cleveland, au tour précédent, Rasheed a expliqué à la presse après le Game 4 : "la série est finie"... la série est allée jusqu'au Game 7 et le moins qu'on puisse dire est que Détroit a eu très très chaud !
3) une référence malgré sa baisse de régime : avec 17 fautes techniques par an, le Sheed est encore très largement le leader de la NBA. Il a terminé 4 fois leader de ce classement lors des 6 dernières saisons. Seuls Antoine Walker et Steve Francis ont réussi à le devancer en 2003 et en 2004. Depuis, le Sheed s'est un peu repris.
4) pas influençable : sa maman est la meilleure amie de celle du Shaq, mais malgré ça, il ne peut pas encaisser le pivot du Heat, ce qui nous promet une très belle finale de conférence...

Stoudemire veut être numéro 1

L'an prochain, Amaré dunkera avec le numéro 1 !
Tout comme Kobe Bryant, Amaré Stoudemire va changer de numéro. Le puissant intérieur des Suns va troquer son numéro 32 contre le numéro 1 dès la saison prochaine. Limité à seulement trois matches cette année, le rookie of the year 2003 a connu une saison quasi blanche en raison d'une grave blessure au genou. S'il a confirmé la nouvelle, le coéquipier de Boris Diaw préfère réserver ses explications pour la saison prochaine.

Petit point sur la réglementation NBA relative au changement de numéro :
- pour pouvoir changer de numéro sans qu'il n'y ait eu de transfert, le joueur doit avoir porté son premier numéro pendant au moins 4 ans ;
- tout changement de numéro doit être signalé avant le début du mois de mars et ne peut être effectif qu'à partir de l'année suivante ;
- le joueur s'engage à conserver son nouveau numéro pendant au moins trois saisons.

Comme quoi, ils font pas ce qu'ils veulent, les joueurs de la NBA, et Amaré ne suit pas la mode Bryant puisque sa décision remonte à plus de trois mois...

mercredi, mai 24, 2006

"L'ambiance en Europe est plus forte"

Boris Diaw est-il en route pour un titre NBA ?
Dans les colonnes de l'Arizona Republic, Boris Diaw a répondu aux questions de Doug Haller. En voici une traduction...

L'arrière des Suns, Boris Diaw, marque 16.4 points, prend 5.9 rebonds et donne 6.1 passes en moyenne depuis le début des Play-offs. Il a par ailleurs le meilleur pourcentage de réussite au tir de l'équipe avec 52.8%. Après son entrainement de mardi, celui qui est aussi parfois le pivot de l'équipe, a accepté de répondre à nos questions sur l'ambiance des matches et ce à quoi il pense chaque fois qu'il touche la balle.

AR - Pendant combien de temps as-tu célébré la victoire du match 7 lundi ?
BD - Environ une minute.

AR - Une minute ?
BD - Oui, on ne peut pas encore se réjouir. Nous n'avons pas fini, on doit d'abord penser à la prochaine série.

AR - Est-ce que c'était l'ambiance la plus folle que tu aies jamais entendu ?
BD - Non, mais c'était la plus forte cette saison.

AR - Tu as eu plus fort comme ambiance ?
BD - Il est arrivé en Europe que le public fasse tellement de bruit que tu en as mal aux oreilles. Le pire ayant été durant le championnat d'Europe des moins de 18 ans. C'était dans une petite salle, il y avait environ 4 000 personnes, et j'ai eu tellement mal aux oreilles que j'ai du mettre mes mains dessus !

AR - Est-ce que tu es déçu de ne pas jouer contre ton ami, Tony Parker, en finale de la conférence Ouest ?
BD - Je voulais jouer contre les Spurs, mais Dallas sera dur. Ils jouent un peu comme nous. Ils sont très adroits au tir. Et eux aussi aiment jouer vite en un contre un, on verra bien !

AR - Est-ce que tes coaches te demandent souvent de tirer plus ?
BD - Jamais.

AR - Mais on a l'impression que parfois tu passes au lieu de tirer ?
BD - Si je suis démarqué, je tire. Je pense prendre la bonne décision, mais ça n'est pas toujours le cas. Parfois, je fais une mauvaise passe et parfois, un mauvais tir.

AR - A quoi tu penses quand tu as la balle ?
BD - Je pense à créer. J'essaye d'éliminer le joueur qui est devant moi. Une fois que c'est fait, je vois. De deux choses l'une, ou j'ai des solutions et je passe, ou je n'en ai pas et je tire.

AR - Qu'est-ce qui te manque le plus à propos de la France ?
BD - Je dirais mes amis et ma famille, mais ils viennent souvent me voir. Donc je dirais plutôt la nourriture !

Draft 2006 : le rapt de Toronto

Bryan Colangelo (Raptors) et John Paxson (Bulls) peuvent se congratuler, ils viennent de récupérer les deux premiers choix de la draft 2006.
L'ordre de la draft a été établi et, une fois n'est pas coutûme, ce n'est pas la plus mauvaise équipe qui a décroché la place de numéro 1 (Portland n'est que 4e). Le millésime 2006 s'annonce assez quelconque, peu de joueurs semblent vraiment prêts pour la NBA. Beaucoup d'underclassmen (joueur n'ayant pas effectué les 4 années de NCAA) devraient postuler et remplir la D-League. Joakim Noah, content de son sort en Floride, et conscient de ses limites dans le jeu, a choisi de s'aguerrir une saison de plus chez les Gators et a officiellement annoncé qu'il ne serait pas en NBA la saison prochaine.

1) Toronto : le nouveau GM des Raptors, Bryan Colangelo (ancien des Suns) peut se réjouir. Avec James, Bosh et Villanueva, il n'y a pas vraiment d'urgence à renforcer une ligne plutôt qu'une autre. Autrement dit, Colangelo devrait prendre un joueur qu'il sent bien, peu importe son poste. Déjà découvreur de deux All Stars pris assez loin dans la draft (Marion et Stoudemire) quand il était à Phoenix, Colangelo pourrait ne prendre aucun risque en jetant son dévolu sur Adam Morrison. Meilleur marqueur de la NCAA, le joueur de Gonzaga est un ailier relativement adroit au shoot, façon Peja Stojakovic. Bien que diabétique, il a été sélectionné avec JJ Redick dans la préselection US pour les championnats du monde cet été et devrait très vraisemblablement être du voyage à Pékin en 2008.

2) Chicago (via New York) : suite au transfert d'Eddy Curry à New York l'été dernier, les Bulls ont récupéré un premier tour de draft de New York. Disposant déjà d'un solide back court avec Duhon, Gordon et Hinrich, les Bulls chercheront un pivot susceptible d'aider Nocioni et Chandler en défense. A moins que Ben Gordon ne quitte les Bulls... affaire à suivre. Cela dit, la draft 2006 ne s'annonce pas comme une cuvée exceptionnelle (contrairement à 2003 ou 1996). Et il n'est pas dit qu'il y ait de bons intérieurs sur le marché : une denrée très rare ces dernières années. Aussi, Paxson pourrait choisir de veillir un peu son équipe en échangeant ses deux choix (2e et 16e) pour un intérieur qui a fait ses preuves !

3) Charlotte : les Bobcats devraient jeter leur dévolu sur un gros marqueur de point. Avec Knight à la mène et Wallace + Okafor dans le jeu intérieur, Bickerstaff serait sans doute ravi de pouvoir s'emparer d'un Morrison si ce dernier n'est pas pris plus tôt. Le GM des Bobcats a par ailleurs annoncé cette semaine qu'il serait aussi coach une saison de plus.

4) Portland : John Nash, le manager des Blazers peut-être déçu de ce tirage. Plus mauvaise équipe de la NBA l'an dernier, Portland ne pouvait pas se retrouver au delà de la 4e place. Très souvent malheureux dans ces dernières choix de draft (Webster en 2005, Telfair en 2004, droits cédés en 2003), la franchise de l'Oregon, toujours dans l'incertitude quant à son avenir, tentera de rééditer le coup de New Orleans l'an dernier. Avec le 4e choix, les Hornets avaient eu la main heureuse puisque Chris Paul a été élu rookie of the year et devrait très prochainement devenir All Star. L'intérieur du Benetton Trévise, Andrea Bargnani pourrait être cette perle rare, ce qui accréditerait encore un peu plus les rumeurs de départ de Zach Randolph.

5) Atlanta : les Hawks rêvent d'un meneur, alors que, ironie du sort, ils sont passés à coté de Chris Paul l'an dernier, en lui préférant le jeune intérieur Marvin Williams. Joe Johnson a effectué une jolie saison mais ce n'est pas un pur meneur. Pour compléter son back, les Hawks pourrait choisir Brandon Roy. Auteur d'un cursus complet en NCAA (quatre ans), Roy est prêt pour la NBA et devrait être rapidement opérationnel. Seul problème, il ne sera peut-être plus disponible à la 5e place...

La suite de l'ordre de la Draft 2006 pour le premier tour
6) Minnesota
7) Boston
8) Houston
9) Golden State
10) Seattle
11) Orlando
12) New Orleans
13) Philadelphia
14) Utah
15) New Orleans (via Milwaukee)
16) Chicago
17) Indiana
18) Washington
19) Sacramento
20) New York (via Denver)
21) Phoenix (via Lakers)
22) New Jersey (via Clippers)
23) New Jersey
24) Memphis
25) Cleveland
26) Lakers (via Miami)
27) Phoenix
28) Dallas
29) New York (via San Antonio)
30) Portland (via Detroit)

mardi, mai 23, 2006

Les Spurs perdent leur titre

Duncan et Parker peuvent baisser la tête, ils sont tombés contre plus forts qu'eux.
Au terme d'une série très très serrée, les Mavs ont logiquement sorti les Spurs en 7 matches. Voici cinq raisons, parmi d'autres, pour lesquelles San Antonio a perdu cette série :

1) la faillite des Big Men des Spurs : habitué à construire son équipe autour de joueurs de grandes tailles, Popovich n'a pas pu compté sur Nazr Mohammed, Rasho Nesterovic ou Fabricio Oberto. Tout le jeu intérieur des Spurs a dû reposé sur les épaules d'un Duncan excellent mais sur utilisé, ce qui se revèlera déterminant dans la prolongation du Game 7 et même dans les derniers instants du 4e quart temps où les Spurs auraient dû gagné. Trop lents défensivement, les pivots des Spurs ont montré leurs limites. Mohammed étant free agent le 1er juillet prochain, il y a de bonnes chances qu'il quitte San Antonio et que R. C. Bufford aille finaliser le transert de Luis Scola en Espagne, que San Antonio jugeait trop cher l'an dernier.

2) l'habileté diabolique de Dirk Nowitzki : l'Allemand a été présent dans les 7 matches, très adroit à deux points, réalisant un quasi sans faute au lancer-franc, il a survolé la série. Même Bowen n'aura pas réussi à le gêner. Avec Howard, il a trouvé son complément offensif et même la meilleure défense de la NBA n'a pu les contenir. Nowitzki démontre encore un peu plus, qu'il aurait parfaitement pu succéder à Nash pour le titre de MVP de la saison régulière.

3) Avery Johnson détrône le grand Pop : sur cette série, l'élève a dépassé le maître. Ancien meneur des Spurs lors du titre de 99, The General a prouvé qu'il méritait bien un titre de coach of the year décerné un peu hâtivement à l'issue de la saison régulière.

4) l'influence de Mark Cuban sur le corps arbitral : le propriétaire des Mavs ne cesse de se plaindre, à tort le plus souvent, depuis plusieurs saisons, d'avoir les arbitres contre lui. Vu les décisions très très litigieuses pris dans le 4e quart temps contre les Spurs, on ne peut pas croire que Steve Javie, sans doute l'officiel le plus décrié de la ligue et l'arbitre de l'attaque des Spurs pendant la deuxième période, n'ait pas été influencé... On retiendra au passage quelques fautes non sifflés notamment une de Nowitzki sur Parker qui aurait changé beaucoup de chose et un marché imaginaire sur Duncan. Dans un match où chaque possession compte, il est dommage de devoir s'en remettre autant à l'arbitrage.

5) l'éveil de Jason Terry : ça fait plusieurs années qu'on attendait l'avénement de ce meneur. Dans cette série, il a prouvé qu'il avait le niveau des meilleurs en NBA. S'il n'avait été bêtement suspendu pour le Game 6, les Mavs auraient sans doute remporté cette série en 6 matches. Très régulier à trois points, rarement pris en défaut sur les pertes de balles, relativement correcte en défense, Terry aura été la deuxième arme offenvise des Mavs qui ont, par ailleurs, disposé d'un bien meilleur banc (Stackhouse notamment) que San Antonio, ce qui n'était pas la moindre des surprises lors de cette série.

C'est la 3e fois que Dallas arrive en finale de conférence. En 2003, les Mavs avaient été éliminés par les Spurs (4-2) et en 1988, les Lakers avaient sorti les Texans (4-3).